Une fois n'est pas coutume, je suis allé voir le film qui a obtenu la palme d'or à Cannes cette année. Bien m'en a pris. Il s'agit de dernier long-métrage du réalisateur autrichien Michael Haneke, "Le Ruban Blanc " (Das Weisse Band en V.O.). Et bien, contre toute attente, j'ai trouvé ça très bien. Vraiment très bien. J'avais jadis vu un film d'Haneke qui m'avait laissé de marbre, "Funny Games" (très ennuyeux et mal filmé). Et je n'aime en général pas les films primés à Cannes (sans réelle raison, ce n'est que pure coïncidence). Bref, pour celui-ci, force est de constater qu'Haneke est vraiment un grand du cinéma. Le film est tourné dans un beau noir et blanc, et possède des touches bergmaniennes indéniables. Il y a quelques plans séquences très bien sentis (la scène suggérée où les enfants se font réprimander par leur cul-bénit de père). Globalement, c'est une belle réflexion sur les effets pervers d'une éducation et d'un mode de vie familial et communautaire baignés dans la religion, la soumission et la crainte de l'autorité, sociale et religieuse. Et Haneke a eu l'intelligence de placer son récit à la veille de la première guerre mondiale. Ce film est vraiment très riche dans sa narration et sa mise en scène, c'est finement écrit et pensé. Et les acteurs sont extra.
Finalement, contrairement à la musique (au rock pour être plus exact), les cinéastes, plus ils vieillissent, plus ils font des bons films (Bergman, Lynch, Eastwood, et maintenant Haneke).







